mercredi 11 novembre 2009

Liberté !


Ce blog existe depuis deux ans aujourd'hui et il est grand temps pour moi d'imiter ces sages Amish et de continuer lentement mais intensément ma route...Et de reprendre les armes tôt ou tard, mais sur un autre champ de bataille. Au moment de l'adolescence, la communauté autarcique des Amish autorise ses jeunes à découvrir la société moderne. Après cette expérience, la plupart d'entre eux reviennent. J'ai moi aussi quitté brièvement la communauté cyclothymique si j'ose dire grâce au lithium pour rejoindre les autres, ceux qui représentent la "normalité". Je n'étais plus moi-même et mon corps souffrait. Je n'ai pas aimé. Et j'ai retrouvé mon hypersensibilité, ma tristesse, mon radicalisme, mes défauts et surtout mon intensité. Emerson décrivait Thoreau comme un "Protestant à l'outrance". Je crois que c'est mon cas . Ce n'est pas difficile, il faut juste apprendre à se battre. Tout s'apprend si on possède déjà la disposition naturelle, le don de la liberté.

Je n'ai rien inventé mais j'espère avoir transmis quelques idées et méthodes pour bien ou mieux vivre avec sa cyclothymie. Je pense désormais que la créativité est bien inférieure à la morale ou à la philosophie et dans ces domaines, il n'y a qu'une lente évolution des idées et des pratiques sociales. Nous devons recomposer notre propre philosophie et éthique avec le matériau des plus grands, de ceux qui nous inspirent : de Sénèque à Frankl en passant bien sûr par le Christ, Mencius et Thoreau jusqu' à Frankl et d'autres.

Tant que le corps et l'âme agissent de concert, qu'ils se meuvent, dialoguent, aiment, se révoltent, pensent, se rétractent mais toujours dans la vérité, il n'y pas de maladie mais une nature mélancolique et créative, celle des "êtres d'exception" selon Aristote. La force et la santé mentales se résument pour moi à la capacité à aimer et à marcher ou courir. Le reste me semble un luxe. Soyez simple, honnête et généreux. C'est suffisant.

Andrew Solomon estimait que le contraire de la dépression, c'est la vitalité. Méfiez-vous de ceux qui promettent le droit au bonheur et croyez les Anciens et pas les Modernes sur ce thème.

Une marque célèbre de voiture annonce depuis quelques jours que acheter le modèle Y est "la meilleure des psychothérapies". Pour certains peut-être... Mais l'être humain ne peut se passer du savoir livresque, de la réflexion qui mène à l'action. Ces 10 ouvrages essentiels m'ont permis d'être moi-même, sans me soucier de l'opinion (car in fine le vrai remède c'est bien cela !), et de comprendre le sens des mots LIBERTE et VERITE :

1. La Bible de Jefferson
2. "Honesty" de R.C Cabot
3. "Walden" de Henry Dadid Thoreau
4. "Rêveries du promeneur solitaire" de Rousseau.
5. "Les Souffrances du Jeune Werther" de Goethe.
6. "Man's search for meaning" de Viktor Frankl.
7. "La Morale" de Francisco Alberoni.
8. "Le Christ Philosophe" de Frédéric Lenoir.
9. "Status Anxiety" d'Alain de Botton.
10. "Honnêteté radicale" de Brad Blanton.

A vous de constituer votre liste, et de garder ces livres tels des soldats de Han. Alexandre le Grand gardait l'Iliade dans un coffre car l'écrit est le plus précieux des biens

Face au nihilisme généré par une société d'hyperconsommation amorale et une idiocratie naissante à cause des nouvelles technologies mal employées, il ne vous reste qu'à défendre votre île comme le général Kuribayashi contre l'invasion barbare en utilsant avec courages les armes défensives appropriées : la vérité, la justice, le courage et la discipline. Ce n'est pas difficile c'est juste une question d'habitude et de discipline. Je me souviens de cette phrase lue dans "Bipolar Expeditions" d'Emily Martin : " For me, getting my biochemistry stabilized makes it easier to cope with an insane world" p.89. Cette réflexion m'effraie je dois vous l'avouer mais elle me pousse à agir avec détermination et courage pour me défendre ma liberté contre toutes les tyrannies !

Mais je ne peux pas vous quitter comme cela et je vous lance une proposition : 2 journées sur la "bonne" et "mauvaise" cyclothymie à travers 4 films : "Noces Rebelles", "Two Lovers" et "Good Will Hunting", "Springtime". Ensuite nous lirons un peu de Sénèque, de Rousseau, de Goethe et de Chateaubriand, de Tocqueville et Thoreau pour vous prouver que nous vivons dans une société gravement malade et que ce sont ces génies nous parlent le mieux de la "bonne" cyclothymie et de son espace. De plus, ils nous donnent les clés pour vivre avec honneur et dignité.

Ceux et celles qui sont intéressés sont priés de m'envoyer un email à mon adresse : regisblain@gmail.com

Et merci de m'envoyer des posts pour le blog bis : "J'aime ma cyclothymie parce que..."

Une personne m'a proposé un post sur un sujet intéressant que je mettrai sûrement en ligne bientôt. Je serais heureux que vous puissiez à votre tour aider les autres en me proposant des textes que je pourrais mettre en ligne.

Pour les autres, je suis toujours là pour répondre à vos questions et débattre avec vous autour d'un café, par téléphone ou par email. J'espère de même que ces centaines de textes accumulés depuis deux ans serviront de pistes de réflexions à ceux qui découvrent le blog aujourd'hui.

Après ces quatre années de travail et de réflexion sur la cyclothymie je suis arrivé à la conclusion qu'un bon médecin, thérapeute, mari ou ami ne devrait avoir qu'un seul et unique objectif : vous rendre INDEPENDANT en vous aimant POUR CE QUE VOUS ETES et avec surtout avec INTENSITE. C'est à mon avis la plus noble forme d'aimer.

En ce jour d'armistice, faites la paix avec vous même tout d'abord, les autres attendront !

"La Nature ne m'a point dit: "Ne sois point pauvre"; encore moins: "Sois riche"; mais elle me crie: "Sois indépendant"." disait Chamfort. Quoi de plus vrai?!

Que la Force soit TOUJOURS avec vous et que le jour où l'on vous conduise au pilori comme Braveheart et que l'on vous torture pendant des heures pour vous faire abjurer votre cyclothymie, vous ne renonciez pas et qu'au moment où la hache tombera sur votre cou, vous puissiez crier : LIBERTE !


Photo : Régis Blain

mardi 3 novembre 2009

Que la Force soit avec vous !


Nous sommes en novembre 2009, ce blog existe depuis deux et il est temps pour moi d'arrêter la rédaction de textes sur la cyclothymie, 236 posts c'est trop ! D'autres devraient prendre le relais sur ce blog ou ailleurs...

Oui la cyclothymie est une FORCE et elle peut être bien employée (la paix et la bonté professées par les Jedis) ou corrompue par l'arrogance, le manque de discernement, la soif de pouvoir et de destruction (L'Empire). Comme les Jedis c'est à vous de vous entraîner, de ne pas vous laisser séduire par le côté obscur de cette Force.

Lucas, comme Héraclite, les Zoroastriens ou les Taoistes imaginaient le monde de manière "bipolaire". Dans la philosophie chinoise comme chez Heraclite, le cosmos se maintient et se régénère grâce à l'interaction des forces contraires Yin et Yang qui créent in fine une unité des opposition, la quelle génère une stimulation. C'est la cyclothymie bien comprise et canalisée, celle qui provoque des bonnes pensées donc des bonnes actions. Il faut accepter cette interaction complexe et ne pas sombrer dans les ténèbres de l'auto-destruction et de la haine.

Tout cyclothymique a été ou pourrait devenir un Darth Vader. Seule la conscience du bien, l'amour et la volonté sauvent Darth Vader dans le dernier épisode "Le retour du Jedi" et en sauvant son fils, il se sauve et redevient Anakin Skywalker.


Dans une des dernières scène du film, Yoda, Obi Wan et Anakin Skywalker apparaissent et félicitent Luke qui a vaincu les puissances du Mal, du côté obscure de la Force.

Héraclite avait raison :

" Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-même peut s’accorder. L’harmonie du monde est par tensions opposées, comme pour la lyre et pour l’arc"

Ce qui est contraire est utile; ce qui lutte forme la plus belle harmonie; tout se fait par discorde.

http://philoctetes.free.fr/heraclitefraneng.htm

jeudi 29 octobre 2009

La vérité avant tout !


Rather than love, than money, than fame, give me truth. I sat at a table where were rich food and wine in abundance, and obsequious attendance, but sincerity and truth were not; and I went away hungry from the inhospitable board. The hospitality was as cold as the ices. I thought that there was no need of ice to freeze them. They talked to me of the age of the wine and the fame of the vintage; but I thought of an older, a newer, and purer wine, of a more glorious vintage, which they had not got, and could not buy. The style, the house and grounds and "entertainment" pass for nothing with me. I called on the king, but he made me wait in his hall, and conducted like a man incapacitated for hospitality. There was a man in my neighborhood who lived in a hollow tree. His manners were truly regal. I should have done better had I called on him.

When we consider what, to use the words of the catechism,(19) is the chief end of man, and what are the true necessaries and means of life, it appears as if men had deliberately chosen the common mode of living because they preferred it to any other. Yet they honestly think there is no choice left. But alert and healthy natures remember that the sun rose clear. It is never too late to give up our prejudices. No way of thinking or doing, however ancient, can be trusted without proof. What everybody echoes or in silence passes by as true to-day may turn out to be falsehood to-morrow, mere smoke of opinion, which some had trusted for a cloud that would sprinkle fertilizing rain on their fields. What old people say you cannot do, you try and find that you can. Old deeds for old people, and new deeds for new (...) I have lived some thirty years on this planet, and I have yet to hear the first syllable of valuable or even earnest advice from my seniors. They have told me nothing, and probably cannot tell me anything to the purpose. Here is life, an experiment to a great extent untried by me; but it does not avail me that they have tried it. If I have any experience which I think valuable, I am sure to reflect that this my Mentors said nothing about.

Henry David Thoreau (1817-1862), génie rousseauiste de la Nouvelle-Angleterre d'origine protestante française.

A lire : http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/thoreau-henry-david/walden-ou-la-vie-dans-les-bois,147148.aspx

http://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_persanes_-_Lettre_VIII._Usbek_à_son_ami_Rustan,_à_Ispahan

http://pedagogie.ac-toulouse.fr/philosophie/textes/montesquieuelogedelasincerite.htm

mardi 13 octobre 2009

Un Moi cohérent pour une cyclothymie morale.


La fragilité et la multiplicité du moi, les masques sont un obstacle à l'honnêteté. Comme le démontre Francesco Alberoni dans "Valori" ("Morale") publié en 1993 et disponible en français, il est douteux qu'il puisse y avoir une morale "en l'absence d'un contact, d'un rapport, d'une confrontation et d'une cohérence entre tous ces moi séparés".

Il ajoute : "Tous ceux qui ont écrit sur les camps de concentration nazis et soviétiques ont rapporté que parmi les gardiens se trouvaient nombre d'individus normaux, ayant une vie familiale normale, aimant la musique et qui se montraient même, à l'occasion, capables d'actions généreuses".

Il conclut que le moi divisé, les séparations créent l'irresponsabilité et que " la morale demande un moi uni", non affaibli.

Pour être honnête, il faut chercher la cohérence dans l'évaluation et l'action : Je vois donc j'agis.

Alberoni a raison de mettre en exergue l'obligation du "centre unique", cette "personne unique qui demeure elle même dans les divers rapports et fasse exploser en elle la contradiction. Les divers rapports ou rôles ne peuvent faire l'objet d'une ségrégation, la main droite ne peut ignorer ce que fait la main gauche".

L'effort et la discipline dont nous avons besoin doivent se mettre en pratique dans ce contexte. Rechercher la cohérence et pourquoi pas dans l'hétérodoxie car la bonne foi est nécessaire, la véracité est autre chose.

On s'en sort dès l'instant où l'on a l'habitude d'agir et de souffrir comme le soulignait Leopardi et Rousseau dans sa quatrième promenade .La devise adoptée par ce dernier à l'âge de 40 ans : Vitam impendere vero : Donner sa vie à la vérité !

"Cette devise m'obligeait" dit-il "plus que tout autre homme à une profession plus étroite de la vérité (...). Il fallait avoir le courage et la force d'être vrai toujours, en toute occasion, et qu'il ne sortît jamais ni fictions ni fable d'une bouche et d'une plume qui s'était particulièrement consacrée à la vérité".

L'instabilité et la faiblesse du caractère provoquées les symptômes de la cyclothymie sont un danger permanent (la vraie "faille") pour la bonne cyclothymie alors que la lucidité, la mélancolie légère et la force "maniaque" nous poussent vers une attitude éthique et respectueuse de l'autre et de la vie.

A vous, à nous de choisir.


Site du Pr. Alberoni : http://www.alberoni.it/

lundi 5 octobre 2009

Une honnêteté radicale pour la cyclothymie


J'ai terminé ce week-end le livre-manifeste de Brad Blanton, RADICAL HONESTY que j'avais découvert il y a quelques mois au moment même où j'avais commencé à écrire sur l'honnêteté "créative".

Ce manuel très original et riches en bonnes idées pratiques, parfois un peu obscur, vient de sortir en France et au Canada grâce à une éditrice québécoise originale et créative, Louise Courteau.

Malgré les défauts et la personnalité un peu inquiétante du Dr Blanton, on se sent revivre à la lecture de son livre et on sens que le type est sur la bonne piste comme Viktor Frankl. On ne peut pas adhérer à tous ces principes souvent radicaux mais sa philosophie va dans le sens d'une expression de la vie, d'un amour partagé et de l'honnêteté en tant que valeur principale.


Le titre tout d'abord attire le potentiel lecteur car c'est audacieux et original : l'honnêteté radicale. En quoi consiste-t-elle selon le Dr Blanton ? Je vous invite à consulter son site : radicalhonesty.com : http://www.radicalhonesty.com/index.php

Il nous explique de manière concluante que le stress, l'anxiété, beaucoup de maladies physiques et psychologiques sont générées par le mensonge : "on ment comme on respire! C'est épuisant. Mentir tue" dit-il en 4 eme de couverture. Selon lui l'intellect détruit le moi profond, l'être que nous sommes à l'origine et l'acte héroïque à accomplir est de se débarrasser des faux concepts, des images factices de soi que l'on essaie d'imposer aux autres, de comment il faudrait se comporter...Pour Blanton, il faudrait épurer tout notre organisme au sens propre et figuré pour renaître vierge et humain, presque à l'état animal ou sauvage. La méthode pour y arriver est de dire toujours la vérité quelque soit le prix à payer. Et la dire avec le plus de précision possible (p.119) car les mots peuvent nous libérer (p.121). Le résultat selon Brad Blanton est une libération salutaire et une santé mentale retrouvée : "Se libérer, c'est cesser d'avoir à se cacher et à faire semblant (...)(p.121).

Honnêtement (c'est le cas de le dire) je suis à 100 % d'accord : A force de se construire des forteresses de mensonges plus ou moins importants, on étouffe et on finit par mourir à petit feu. Je m'en étais rendu compte dans ma vie professionnel et sentimentale et grâce à mes lecture de RC Cabot et de Francesco Albéroni, je commençais à réaliser que plus je dirais la vérité, plus je me sentirais moi-même, libre et fort, retrouver cet adolescent passionné, romantique, honnête que je pensais avoir perdu. Et bien non, on retrouve finalement une cohérence, une fidélité à son moi si on est assez courageux pour le retrouver et ne pas se construire un personnage fictif conceptuel. Mais il faut utiliser les poubelles et apprendre à utiliser le vide-ordures : "une vie réussie est une vie de partage à tout moment, sans devoir recourir à des mises en scène (P.89).

J'ajouterais qu'une vie réussie c'est aussi un corps qui vit (Blanton dit cela également) et un contentement de soi-même (Rousseau), des sensations que l'on garde : faire du sport, manger un plat que l'on aime, faire l'amour avec une personne que l'on aime, voir et parler avec ses amis (pas sur Internet). Tout ce qui est artificiel et contre-nature vous fera du mal à long terme, c'est ma conviction profonde.

Tant que nous ressentons cette ferveur, cet élan vital comme dirait Bergson nous sommes en vie avec ou sans souffrance, peu importe. Les autres, riches ou pauvres, beaux ou laids, stupides ou brillants sont des cadavres ambulants prisonniers d'idées ridicules et fausses.

Je pense cependant que les concepts, certains sont utiles, comme celui de l'amour et du respect des autres. Ce n'est pas toujours le cas et automatique, mais nous devons faire attention aux ravages crées par des égoïsmes trop radicaux (même si nous le sommes tous à un certain niveau). Toynbee avait raison en écrivant dans "Choose life" :" The ego can devote itself to other people and things, but this altruism, in contrast to egotism, is a tour de force".

Il est dangereux de laisser parler uniquement l'"animal" qui est en nous même si c'est en effet nécessaire pour se sentir en vie. Malgré la vanité des choses, nous devons trouver un sens comme le préconisait Frankl. Le plus beau étant à mon avis celui choisi par le Christ et qui est rarement choisi par les Chrétiens hypocrites : l'amour de soi-même, du prochain et de toute forme de vie.

Ce que Schweitzer appelle la : 'Reverence for Life" ou tout simplement l'Amour.

On n'a rien trouvé de mieux à ce jour à mon avie

Et je ne peux m'empêcher de finir en citant une fois plus notre génial auteur :

" La personne qui apprend à dire la vérité est la plus libre, la plus délurée et la plus vive que tu puisses rencontrer, mais elle est plus "insécurisée" que la normale".

"Je souhaiterais que mon discours te donne le courage nécessaire pour oser affronter la pénible tâche d'apprendre à dire la vérité. Quand je dis ce que les gens font normalement, je t'en prie, essaie de devenir anormal (...). Je me suis aperçu que 7 personnes sur 10 ressemblaient à des morts ambulants ou avaient l'air très malheureux (dans le métro). Je t'invite donc, en tant qu'individu qui a essayé à la fois de mentir comme tout le monde, et de dire la vérité comme personne, à ne pas ressembler à cette majorité : deviens anormal (p.125).

"Une personne honnête cherche à dire ce qui est. Devenir honnête, c'est échapper à la normalité assassine.

"Les gens normaux cherchent avant tout à dire ce qui convient pour ne pas choquer et être bien jugés.

"Quand on dit la vérité, ce qui meurt c'est le faux moi, l'image de soi qu'on a affichée au monde et dont on pense qu'elle est le résultat de notre propre "communiqué de presse".

Yes Sir c'est exactement cela, nous avons tellement besoin de "bullshit" et je suis bien placé pour le dire car j'ai vécu et travaillé dans des environnements d'apparence, de vanité et de "bullshit". Je n'en suis pas fier mais c'est derrière moi et maintenant je suis libre de ces conneries.

Merci à toi d'avoir écrit ce livre imparfait mais avec un matériau vrai pour avancer et vivre.

Ce style de personnalité ne peut émerger que dans des vraies démocraties de culture protestante. Si vous connaissez un thérapeute ou un médecin en France qui a la créativité, l'intelligence, l'audace et le pragmatisme de ce type, prévenez-moi.

In fine je me demande encore demande si Schopenhauer n'a pas raison et que la vertu (l'honnêteté dans notre cas) comme le génie ne s'enseignent pas.

A suivre et écoutez cette belle et profonde chanson de Billy Joel : Honesty dans laquelle il chante : "« Honesty is such a lonely word, everyone is so untrue " :

http://www.youtube.com/watch?v=tCVZXlvDcrk

jeudi 17 septembre 2009

Souffrance professionnelle et cyclothymie


Un article du Monde d'hier expliquait clairement que certains employés et cadres de France Telecom fonctionnaient "grâce au cachets" : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/16/france-telecom-dans-mon-service-30-des-salaries-tournent-aux-cachets_1240958_3224.html

Une étude japonaise sur "Temperament and job stress in Japanese company employees" de Sakai Y, Akiyama T, Miyake Y, Kawamura Y, Tsuda H, Kurabayashi L, Tominaga M, Noda T, Akiskal K, Akiskal H du Department of Psychiatry, de la Juntendo University School of Medicine, avait conclu que les tempéraments irritables et cyclothymiques avient le plus de problèmes de stress au travail à l'inverse des dysthymiques et hyperthymiques. On sait pourquoi...

Certes il n'est pas facile de changer de vocation ou de poste surtout lorsqu'on a été engagé comme fonctionnaire et que l'on doit devenir vendeur de portable ! On ne change pas de tempérament comme cela avec ou sans "cachets"...

Si la société française était un peu plus démocratique comme en Scandinavie, les suicides seraient plus rares. Dans une société française encore féodale et corporatiste comme le soulignait d'Iribarne dans sa "Logique de l'honneur", le lieu de travail reste souvent un purgatoire.

Ce n'est justement pas un déshonneur de faire autre chose quand on le peut encore. Je pense en particuliers aux jeunes cyclothymiques qui seraient bien avisés d'évaluer le stress qu'ils devront affronter lors de leur prochain job...et d'imiter ce jeune Amish (sur la photo de ce post) qui vendait ces propres produits aux touristes en visite en Pennsylvanie.

De mon côté, je parie sur un cadre professionnel plus harmonieux et humain avec le sacrifice économique que cela suppose et j'essaie avant tout de trouver des gens qui ne blessent pas l'âme et qui connaissent encore la définition du terme "bonté" ou "bienveillance".

http://www.afpc.asso.fr/wengu/Lunyu/Couvreur/Lunyu_04.htm

Et que ceux qui ont la chance de vivre dans une petite ville avec un petit job mesurent la chance qu'ils ont :

All my friends are so small town
My parents live in the same small town
My job is so small town
Provides little opportunity


Merci John Mellencamp :

http://www.youtube.com/watch?v=3eDkAG3R0h8

mardi 15 septembre 2009

La vérité de la cyclothymie : un désordre honnête ?


Dans le Nouvel Observateur de cette semaine, un article très instructif est consacrée à Annie Leibovitz, photographe américaine de grand renom qui vous tire le portrait pour 100.000 dollars. Le journaliste évoque sa faillite financière prochaine, son talent et aussi ses excentricités : " Ses sautes d'humeur désarmantes et gestes impulsifs" et selon un ancien collaborateur : " on ne dirait pas, mais sous allure posée, elle a toujours fonctionné dans le chaos".

"Fonctionner dans le chaos" me renvoie au livre excellent de Abrahamson et Freedman "A perfect Mess"(2006), lesquels catégorisent les "messy" people (gens désordonnés). Pour Annie Leibovitz et beaucoup de cyclothymiques "honteux", il s'agit du cas décrit dans le "Perfect Mess ' :

The "order phony" (le prétentieux de l'ordre) : celui qui crée l'apparence de l'ordre en cachant le désordre. Exemples : avoir un appartement très zen et bien rangé et habité dans un appartement bordélique à côté ou un cadre dynamique qui rentre toutes ses données dans un agenda électronique et ne le consulte jamais ! Si un bureau désordonné est le reflet d'un esprit désordonné, un bureau vide est le reflet de quoi ? : Albert Einstein cité au chapitre 1 du livre.

Pourquoi se donner autant de peine et ne pas avouer son désordre "naturel" :

"In fact randomness is thoroughly inescapable in nature" et "Disorder is integral to the fabric of nature" rappellent les auteurs.

Je recommande ce chef d'oeuvre car je suis las d'écouter les mêmes rengaines sur la stabilité, la vie de couple, être "normal" et toutes ces mensonges habituels que l'on entend dans les couloirs de la cyclothymie.

Vous pouvez prendre des tonnes de médicaments, vous ruiner en TCC et analyses freudiennes, vous serez toujours instables et désordonnés. C'est votre nature. C'est notre nature.

Mais si un jour une personne un peu sensé se rendait compte de l'importance de la souffrance pour acquérir une vraie humilité et une compassion universelle et de l'intérêt d' une certaine instabilité (que John Donne appelle "Variety" dans sa merveilleuse élégie).

Et puis être instable ne signifie pas être malhonnête à moins que les mensonges et les apparences servent à couvrir et cacher le "mess, le désordre qu'on ne saurait voir (CF mon post précédent sur la "bienséance aristocratique").

Maintenant la question est de savoir ce qui et préférable : une vie calme et contemplative, d'une certaine médiocrité mais finalement sereine et sage (mon modèle Kafka ou la stratégie de la réduction) ou une vie à la Werther, romantique, active, bohème plus conforme à notre nature mais non dénuée de risques. On gravit la montagne pour respirer un air plus pur mais il faut arriver au sommet !

C'est une question de choix et de capacité mais il ne faut pas se tromper soi-même et vivre dans l'illusion. Dans les deux cas, nous pouvons souffrir mais pas obligatoirement, à cause de l'ennui, de l'angoisse, de l'amour, de la peur, du dénuement. Mais on souffre surtout et toujours à cause du mensonge et de la malhonnêteté. Par faiblesse, crainte, méchanceté, ignorance...

Mais soyons honnête, de quoi se souvient-on à l'heure des "bilans" ?

Ce qui vous a inspiré, grandi, exalté, instruit, fait avancer. La transcendance.

Le reste c'est la routine de la vie


Montaigne note "qu'il préfère jouir plutôt que possèder" et Chamfort déclare lui-même : "Jouis et fais jouir, sans faire le mal ni à toi, ni à personne, voilà, je crois toute la morale".


RC Cabot, en 1938, estime depuis sa position protestante libérale :

Be honest.
Never hate.
Never fool yourself.
Never pity yourself.
Face reality.


http://www.amazon.com/Honesty-Richard-C-Cabot/dp/B00085JOR2/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1253012090&sr=1-1

Un programme d'une grande rigueur, pratiquement impossible à réaliser de nos jours, dans notre société si immorale et corrompue. C'est extrêmement intéressant car Cabot dénonce tous les traits de la "mauvaise cyclothymie" !

Dans son essai, il écrit que sa femme n'a jamais dit un mensonge de sa vie. Je le crois car les protestants de la Nouvelle-Angleterre souvent froids et austères étaient (il en reste-t-il encore ?!) d'une grande rigueur et honnêteté (relire le premier chapitre de la Démocratie en Amérique de Tocqueville ou Michelet et son passage sur la Révocation de l'édit de Nantes). Il en reste quelque chose. Je l'espère.

photo : Flick CC : Pluckytree