dimanche 17 février 2008

Cyclothymie et primitivisme



TED HUGUES



« Personally, I believe very much in values of savagery. I mean: instinct, passion, mood, violence, madness »
Dubuffet


La cyclothymie est un trouble primitif selon le Dr. Pierre Kahn (CF Lombroso et Nordau sur ce thème). Cesare Lombroso contrairement à Morel estimait que l’espèce humaine s’améliorait constamment et que la dégénérescence serait un retour à un homme primitif, moins évolué. Deux aspects caractérisent la dégénérescence : celui de l’enfant (par rapport à l’adulte, à l’échelle d’une vie humaine) et du primitif (par rapport au civilisé, à l’échelle de l’histoire). Dans ce sens le génie de Lombroso a des traits infantiles et à la foi primitifs.

Les Souffrances du Jeune Werther de Goethe

Lettre du 26 mai, 30 mai :

« Mais en revanche, toute règle, quoi qu’on en dise, étouffera le vrai sentiment de la nature et sa véritable expression ». « Pourquoi toujours raffiner, quand il ne s’agit que de se laisser aller et de prendre intérêt à une manifestation de la nature ? ».


Dans les années 50, un grand critique littéraire britannique, F.R. Leavis avait analysé la littérature comme une forme élégante de sauvagerie. De même, Robert Graves dans « The White Goddess » estimait que la poésie remplissait une fonction religieuse dans la société, à savoir maintenir en vie les mythes primordiaux et les anciens rites qui affirment les instincts animales de l’homme. On retrouve la vision païenne d’un Swinburne regrettant la société polythéiste pré-chrétienne : « Thou hast conquered, O pale Galilean; the world has grown grey from thy breath »

Selon Graves, un vrai poète écrit depuis le monde sauvage, la part non civilisée de l’esprit. Il pensait que la vraie poésie pouvait se trouver dans les travaux des fous…

Le poète anglais Ted Hugues a illustré à la perfection cette approche dans une poésie souvent violente, cruelle ou la nature apparaît sanguinaire et injuste. Ses premiers poèmes sont ancrés dans la nature

Hughes' earlier poetic work is rooted in nature and, in particular, the innocent savagery of animals, an interest from an early age. Tennyson's phrase "nature, red in tooth and claw" could have been written for Hughes. He is acutely aware of the mixture of beauty and violence (mixed state) in the natural world, and writes of it with fascination, fear and awe.

He finds in animals a metaphor for his view on life: animals live out a struggle for the survival of the fittest in the same way that humans strive for ascendancy and success.

A classic example is « Hawk Roosting » :

I sit in the top of the wood, my eyes closed.
Inaction, no falsifying dream
Between my hooked head and hooked feet:
Or in sleep rehearse perfect kills and eat.

The convenience of the high trees!
The air's buoyancy and the sun's ray
Are of advantage to me;
And the earth's face upward for my inspection.

My feet are locked upon the rough bark.
It took the whole of Creation
To produce my foot, my each feather:
Now I hold Creation in my foot
Or fly up, and revolve it all slowly --
I kill where I please because it is all mine.
There is no sophistry in my body:
My manners are tearing off heads --

The allotment of death.
For the one path of my flight is direct
Through the bones of the living.
No arguments assert my right:

The sun is behind me.
Nothing has changed since I began.
My eye has permitted no change.
I am going to keep things like this.