Dans la partie sur l'étiologie, le Dr. Kahn remarque que " les excès de toute sorte peuvent à priori en engendrant la fatigue, détruire l'équilibre si précaire du cyclothymique. Mais parmi des excès il en est deux sur lesquels nous voudrions insister : les excès de l'alcool et les excès vénériens".
"L'alcoolisme, sous forme de dipsomanie, provoque-t-il l'accès de mélancolie ou d'excitation, ou n'est-il lui même qu'une forme de cyclothymie ? Et alors il y aurait un véritable cercle vicieux : " alcoolique parce que cyclothymique et cyclothymique parce qu'alcoolique". Il est évident qu'en disant alcoolique nous n'entendons parler que du dipsomane, de l'alcoolique par crise".
"Les soucis d'argent, les querelles de famille, amènent une fatigue morale qui, bien plus encore que la fatigue physique, aboutit à un trouble plus intense de l'humeur".
"Chez une de nos malades, qui dans sa période d'excitation se distinguait par une méchanceté particulière, méchanceté si fréquente chez les cyclothymiques, son entourage pouvait prévoir l'accès, par les calomnies qu'elle répandait sur la conduite de sa mère".
"Il faut cependant se demander si la réputation d'originalité, d'instabilité bohême que l'on attribue aux écrivains et aux artistes n'est pas le reflet d'une cyclothymie constitutionnelle?"
"Quant au public, il n'aperçoit ces individus que de temps en temps et n'a aucune occasion de les voir lorsqu'ils sont renfermés chez eux ; il ne peut donc pas se douter de l'état maladif dans lequel ils se sont trouvés pendant plusieurs mois, et lorsqu'il les voit reparaître plus tard, à l'époque où surgit la période d'excitation, ils les retrouve tels qu'il les a connus autrefois. Il croit dès lors à un caractère excentrique, gai et spirituel et à une activité fébrile, comme on en observe chez quelques individus exceptionnels, mais il ne peut soupçonner l'existence d'un état morbide.
Tel est le degré le plus léger et le plus souvent inaperçu de la folie circulaire, dont l'observation ne peut être faite qu'en dehors des asiles d'aliénés."
"Ayant pleinement conscience qu'il sent "à côté", qu'il ne peut plus se fier à lui même, que ses sentiments sont en quelques sorte pervertis, le cyclothymique reste déséquilibré, comme désorienté(...). Il est morne, effaré, supportant la vie comme une fatalité comme un boulet qu'une puissance inconnue a rivé à son pied, et dont il n'essaie même pas de se débarrasser"
"La conscience est intacte. Le cyclothymique sait qu'il est malade et désespère de guérir. Il a tellement conscience de son état qu'il va lui-même consulter le médecin et demander un remède contre sa souffrance morale".
"Cela ne s'est, dit-il (un malade), jamais complétement effacé ; c'est une maladie indéfinissable qu'il fallait extirper dès le commencement".
"Mais la dépression comme l'excitation ne sont l'une et l'autre que le flux et le reflux d'une même déséquilibration de la sensibilité morale".
Excitation cyclothymique :
"Si les lettres du cyclothymique déprimé nous ont apporté un appoint précieux dans l'étude de leurs sentiments, il n'est pas de même pour le cyclothymique dans sa période d'expansion. Celui-là ne fait pas de confidences, il ne réfléchit pas sur lui-même."
Le Convoi des Braves
Il y a 2 heures
